Madagascar: Madagascar: PPLAAF applauds the courage of former civil servant

(Dakar, le 14 juin 2021). Poursuivi par son ancien employeur pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles, le lanceur d’alerte Ravo Ramasomanana doit être protégé par les autorités judiciaires malgaches, a déclaré la Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF) aujourd’hui. L’organisation enjoint les autorités à mener une enquête pour que la lumière soit faite sur les agissements du Ministère de la santé publique.

« Les lanceurs d’alerte sont les promoteurs de l’État de droit et les défenseurs de l’intérêt public et des populations », a déclaré Fadel Barro de PPLAAF. « Ils doivent à ce titre être protégés et non poursuivis pour les faits qu’ils ont le courage de révéler ».

Ravo Ramasomanana est un ancien employé du Service des passations de marché du ministère de la Santé publique malgache. Il aurait été témoin d’irrégularités liées à l’attribution du marché public de construction du centre de transplantation rénale du CHU d’Andohatapenara lancé en 2019. Le mois dernier, il a décidé de révéler les faits dans une vidéo publiée sur YouTube et a déposé une plainte au Pôle anti-corruption de Madagascar.

Selon un rapport du réseau d’investigation MALINA soutenu par Transparency International Madagascar, un appel d’offres avait été lancé le 30 octobre 2019 pour les travaux de construction du centre. Une date limite pour la remise des offres avait été fixée au 11 novembre 2019 à 10h30. Mais aucun soumissionnaire ne s’est manifesté durant cet appel d’offres.

Le lanceur d’alerte dit pourtant avoir constaté l’apparition d’un procès verbal (PV) d’ouverture des plis de la Commission d’appel d’offres après la fin de la date limite. Ce PV, dont l’authenticité ne semble pas certaine, fait clairement apparaître l’Agence générale SARL comme seule candidate à avoir soumis sa candidature dans les délais. Le marché lui aurait alors été attribué pour 739 millions d’Ariary (près de 161 000 euros).

Il semblerait pourtant que cette société n’est pas spécialisée dans la construction de bâtiments, mais dans le nettoyage. Or l’article 20 de la Loi n° 2016-055 portant Code des Marchés Publics dispose clairement que : « Tout candidat à un marché public doit démontrer qu’il a la capacité juridique, technique et financière et l’expérience nécessaire pour exécuter les prestations, objet du marché ».

Comme de nombreux lanceurs d’alerte, Ramasomanana fait objet de représailles pour son courage et se retrouve aujourd’hui poursuivi pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles par son employeur.

Les lanceurs d’alerte révèlent des informations concernant des actes illégaux, illicites ou contraires à l’intérêt général dont ils ont été témoin, notamment dans le cadre de leur travail. Ils sont régulièrement menacés ou poursuivis par les personnes ou les organisations visées par leurs révélations.

Le problème de la corruption dans le secteur foncier à Madagascar n’est pas nouveau. Dans un rapport de 2017, Transparency International Madagascar l’avait déjà visé. Cette même année, la présidente de la Commission nationale des marchés, Rindra Rabarinirinarison, avait d’ailleurs affirmé que près de 53% des procédures d’attribution de marchés étaient non-conformes.

« Il est temps pour l’Etat malgache de prendre conscience de l’importance d’une véritable transparence vis-à-vis de sa population et du respect des intérêts de chacun », a déclaré Henri Thulliez, directeur de PPLAAF.


À propos :

La Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) est une organisation non gouvernementale créée en mars 2017 par des avocats, activistes et journalistes d’investigation.

PPLAAF vise à défendre les lanceurs d’alerte, ainsi qu’à faire du plaidoyer et engager des litiges stratégiques en leur nom lorsque leurs révélations traitent de l’intérêt général des citoyens Africains.

Lien internet : https://www.pplaaf.org/fr/

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